Thésaurus Rex
Thésaurus Rex (nom masculin). Dégénérescence organisée d'un dictionnaire à des fins artistiques.
Le Thésaurus Rex est le magazine, où, tous les trois mois, le Collectif Superflu se réunit pour divaguer à l'unisson autour d'un mot. L'un d'entre nous se saisit d'un dictionnaire et y choisit un mot qui lui était jusqu'alors inconnu. Chacun doit alors lui inventer une définition et en donner une interprétation en image. L'ensemble est réunit dans ce magazine pour constituer un dédale de définitions dont une seule est légitime.
Ci dessous vous pouvez retrouver un lien vers nos six premiers numéros.
Le prochain sera mis en ligne le 15 Août 2012.
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Mes participations aux magazines
d’une absence d'acclimatation ou d’une sensibilité personnelle.
Vésanie n.f. Avancée en encorbellement aménagée sur une façade. Elle est la descendante de l’échauguette qui abritait la sentinelle dans les châteaux forts, lui assurant
une vue surplombante sur les douves et dégagée sur l’horizon.
syn. –› bow-window angl.
La ville de St Gallen en suisse, est célèbre pour les 111 de vésanies que l'on rencontre dans la vieille ville. Erigées par de riches marchands, celles-ci allient imagerie populaire et influence
renaissance dans d'exubérants décors sculptés et peints. Elles témoignent de l'opulence de leurs propriétaires (grappes de fruits ornementées) mais aussi des rivalités avec les voisins (figures
grimaçantes).
On raconte que la nuit, les personnages sculptés se réveillent pour se livrer bataille et défendre le nom de leur maître.
Almée (nf) En spéléologie, galerie étroite dans laquelle il est nécessaire de ramper.
Elles furent baptisées comme telles car on ne peut parfois s’y faufiler qu’en imagination, le boyau laissant à peine le passage pour une âme.
Oaristys (nm) 1. math. En mathématique, le sommet d'une courbe parabolique.
2. fig. le plus haut degré, l'instant d'intensité maximale. ex : j'ai atteint l'oaristys du bonheur
Smaragdin (n.m.) formation rocheuse naturelle en forme de colonne dont le sommet, constitué d'une roche résistante, préserve les couches inférieures de l'érosion.
syn. → cheminée de fée, demoiselle coiffée, hoodoo
Partout où ces formations sont apparues, des légendes les ont accompagnées.
Les nomades Ait Atta qui sillonnent le massif du Saghro au Maroc sont particulièrement méfiants à l'égard des smaragdins qui bordent les oasis.
Ils racontent en effet qu'en des temps très anciens, un groupe de géants hirsutes qui descendaient des montagnes s'arrêta dans ces oasis avant de traverser le désert. Ils piétinèrent tout sur leur passage, s'abreuvèrent goulument et dépouillèrent les dattiers de tout ce qu'ils comptaient de fruits. Mais alors qu'ils reprenaient leur route, un vent violent se leva et les nuages du ciel entier accoururent vers eux de tous les coins de l'horizon. Ils s'amoncelèrent en un tourbillon gigantesque et un djinn monstrueux, grand comme dix des leurs, fit son apparition :
- Vous avez saccagé mon domaine ! Aussi je vous condamne à y rester. Pour l’éternité.
A ces mots, les pieds des géants s'enfoncèrent dans le sol et s'y trouvèrent scellés.
Le Djinn disparut alors et les nuages se dispersèrent pour laisser place à un soleil de plomb.
Les géants restèrent ainsi des jours et des jours, sous les rayons brûlants, à contempler la source si proche et pourtant inaccessible. Puis ils se desséchèrent peu à peu jusqu'à se transformer en pierre.
La Syzygie (nf) Créature marine de la mythologie grecque issue de l’union d’Echidna et de Typhon. Elle était quasiment inapte à la nage et se contentait de se laisser dériver en faisant émerger son dos à la surface des flots. Les marins fatigués venaient ainsi y trouver refuge, mais rapidement, le sol se dérobait sous leurs pieds et la syzygie les dévorait.
Picaro
En Europe, Picaro est aujourd’hui connu comme un des personnages de la commedia dell’arte, valet fourbe et opportuniste qui manipule ses maitres par son langage mielleux. Mais loin d’être né en Italie, le personnage trouve ses sources dans un conte mexicain qui fut rapporté avec la découverte du nouveau monde.
C’est l’histoire d’un roi cruel et avide de richesses qui inventait aux dieux de perpétuelles colères que seules des montagnes d’or et de pierreries pouvaient calmer. Ses sujets travaillaient sans relâche pour arracher aux entrailles de la terre le minerai qui les sauverait d’une tornade ou de la maladie. Epuisés, ils se lamentaient de cette persécution divine, priant chaque jour pour leur pardon. Alerté par ces prières, les dieux surprirent Picaro un soir qu’il volait les offrandes. Pour le punir de ses mensonges et de sa cupidité, ils rendirent toutes les richesses à son peuple et condamnèrent Picaro à cracher des fourmis chaque fois qu’il prononcerait un mot. Picaro s’en fut sur les chemins, tout rempli de sa haine, et la déverse continuellement depuis, suivi d’un cortège de tamanoirs qui en récoltent les fruits.








